Urgence : interdire les PFAS pour protéger l’eau

Une étude menée par Générations Future et l’UFC - Que Choisir a montré que nos eaux sont polluées par un polluant appelé TFA, à Paris comme ailleurs. Le TFA fait partie des PFAS, ces “polluants éternels”, responsables de troubles graves de la santé.Les Écologistes parisien·nes appellent à leur interdiction.

Pour une réglementation renforcée face aux dangers des nouveaux polluants

Les écologistes rappellent que l’eau constitue l’aliment le plus contrôlé en France. Grâce à Eau de Paris et son laboratoire public, notre eau du robinet est la plus contrôlée de France, loin devant l’eau minérale, et conforme à 100% aux normes.

Cependant, la France doit faire évoluer en urgence ses normes sanitaires en tenant compte de la toxicité des nouveaux polluants (pesticides, PFAS). Les PFAS, ce sont au moins 4700 molécules persistantes ! Ils sont présents partout dans notre environnement, dans nos vêtements, les emballages alimentaires, les cosmétiques, dans les sols, notre nourriture et notre eau. Nous demandons aux autorités sanitaires de mener et publier en toute transparence les études sur la toxicité de ces molécules pour interdire celles qui mettent en danger notre santé.

L’eau en bouteille plus polluée que celle du robinet

La pollution de l’eau potable est réelle et touche aussi les eaux “minérales” dont les contrôles sont défaillants et masquent nombre d’anomalies inquiétantes. En plus de nous revendre notre eau pour en moyenne 105 fois plus cher, mélangée à du microplastique (9 bouteilles sur 10), les industriels sont tenus de contrôler seulement 16 indicateurs contre 65 pour l’eau du robinet.

La sénatrice écologiste de Paris Antoinette Guhl a dévoilé le scandale d’une pollution cachée des sources de Nestlé (Hépar, Vittel, Contrex, Perrier…), aux PFAS, fongicides et bactéries, notamment fécales, et le recours à des traitements interdits.

A choisir, il vaut mieux boire l’eau du robinet. Mais le TFA provient d’un pesticide autorisé ! Les consommateur·ices peuvent boycotter l’eau en plastique et acheter bio, mais c’est insuffisant : nous devons avancer sur la législation !

La seule solution : arrêter les pollutions pour protéger les ressources en eau, l’environnement et notre santé

L’urgence est de soutenir l’agriculture bio car elle seule garantit une diminution importante de l'usage des pesticides que nous retrouvons dans l’eau potable. Le travail réalisé par Eau de Paris pour réduire les pollutions à la source fonctionne : en accompagnant financièrement les agriculteurs situés sur ses captages d’eau, les pesticides ont été réduits de plus de 77%, et les surfaces d’agriculture biologique ont été multipliées par autre. Dan Lert, adjoint écologiste à la Maire de Paris et Président d’Eau de Paris, appelle à généraliser ces pratiques partout en France et à interdire purement et simplement les PFAS et pesticides sur les zones de captages d’eau.

Un rapport du Sénat montre que le coût de la prévention est trois fois moins cher que les traitements curatifs. Le maintien de l’agence bio est à ce titre indispensable.

Enfin, dès le 20 février prochain, la proposition de loi écologiste d’interdire les PFAS repassera à l’Assemblée Nationale. Portée au Sénat par Anne Souyris, sénatrice écologiste de Paris, elle doit être votée et élargie aux ustensiles de cuisine, n’en déplaise aux lobby des groupes privés.

Une avancée majeure pour la santé des Parisien·nes ; et de quoi renforcer la lutte contre le lobbying pro-PFAS à Bruxelles pour enfin nous protéger de cette pollution éternelle.

Charlotte Nenner et Antoine Alibert, co-secrétaires des Écologistes à Paris